Les surcharges de travail excessives, les horaires imprévisibles, le manque de contrôle et les systèmes de soutien défaillants ne sont pas des accidents. Ce sont des décisions, et elles peuvent être changées.Les surcharges de travail excessives, les horaires imprévisibles, le manque de contrôle et les systèmes de soutien défaillants ne sont pas des accidents. Ce sont des décisions, et elles peuvent être changées.

[OPINION] Risques psychosociaux — le coût caché du travail aux Philippines

2026/05/01 08:00
Temps de lecture : 5 min
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La question n'est pas simplement de savoir combien d'emplois nous créons, mais dans quelles conditions les personnes travaillent.

Dans les communautés côtières, les pêcheurs et les travailleurs de l'aquaculture supportent de longues heures imprévisibles, souvent isolés et sous pression pour satisfaire les exigences de production. Dans les zones minières, les travailleurs font face à des conditions dangereuses, conjuguées à une pression économique intense et à l'incertitude.

Dans de nombreux foyers, lorsque les revenus sont instables et que le travail devient insoutenable, les familles sont contraintes à des choix difficiles, notamment celui d'envoyer leurs enfants travailler pour joindre les deux bouts.

Ces situations ne sont pas isolées. Elles reflètent une réalité plus profonde du marché du travail philippin — une réalité qui reste largement invisible : les risques psychosociaux au travail.

À l'occasion de la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail 2026, on nous rappelle que la sécurité au travail ne concerne pas uniquement les dangers physiques. De plus en plus, les risques les plus graves sont ceux que nous ne voyons pas : le stress, les longues heures de travail, l'insécurité de l'emploi, l'isolement et l'exposition à la violence ou à la coercition.

Un récent rapport de l'Organisation internationale du Travail,  « L'environnement de travail psychosocial : évolutions mondiales et voies d'action », met en lumière l'ampleur du problème. Les risques psychosociaux sont liés à plus de 840 000 décès dans le monde chaque année et à des millions d'années de vie en bonne santé perdues.

Les longues heures de travail affectent la santé mentale

En Asie et dans le Pacifique, près de la moitié des travailleurs travaillent plus de 48 heures par semaine — un chiffre nettement supérieur à celui des autres régions.

Cela reflète la réalité à laquelle sont confrontés de nombreux travailleurs philippins aujourd'hui.

Les données nationales le confirment. Des enquêtes récentes indiquent qu'environ 60 % des travailleurs aux Philippines déclarent que la mauvaise santé mentale affecte leur productivité, tandis que 75 % estiment que parler ouvertement de santé mentale pourrait limiter leurs perspectives de carrière. La stigmatisation reste un obstacle majeur, maintenant les risques cachés jusqu'à ce qu'ils deviennent des crises.

Les risques psychosociaux sont souvent traités comme des préoccupations secondaires. En réalité, ils se trouvent au cœur de certains des défis du travail les plus graves.

Dans des secteurs tels que la pêche, l'aquaculture et l'exploitation minière — où le travail peut être éloigné, informel et faiblement réglementé — les pressions psychosociales se combinent à la vulnérabilité économique pour créer des conditions propices à l'exploitation. L'isolement, l'endettement, l'instabilité des revenus et la pression de production peuvent piéger les travailleurs dans des situations abusives. Là où la surveillance est faible et où les travailleurs n'ont pas voix au chapitre, la frontière entre de mauvaises conditions de travail et le travail forcé peut devenir dangereusement mince.

Au niveau des ménages, les conséquences sont tout aussi graves. Lorsque les adultes ne parviennent pas à obtenir un travail stable et décent, les enfants sont souvent entraînés dans le travail — notamment dans l'agriculture, l'exploitation minière artisanale et les services informels.

Que peuvent faire de plus les Philippines ?

Les risques psychosociaux ne concernent donc pas uniquement le stress — ils font partie de la voie pouvant mener au travail forcé et au travail des enfants.

Les Philippines ont déjà franchi une étape importante en ratifiant la Convention sur la violence et le harcèlement, 2019 (n° 190). Il s'agit d'un engagement clair pour garantir que le travail soit exempt de violence et de harcèlement — qu'ils soient physiques, psychologiques ou économiques.

Les lois philippines sur le travail, la sécurité et la santé au travail reconnaissent de plus en plus que la protection de la santé des travailleurs englobe à la fois le bien-être physique et mental. Le défi consiste à s'assurer que cela est systématiquement appliqué dans la pratique.

Cela implique de renforcer l'inspection du travail, de garantir des mécanismes de signalement sûrs et d'étendre la protection aux travailleurs des secteurs informels et éloignés. Sans cela, les progrès risquent de rester inégaux.

Le message de l'OIT est clair : les risques psychosociaux ne sont pas inévitables. Ils découlent de la façon dont le travail est conçu et géré.

Les surcharges de travail, les horaires imprévisibles, le manque de contrôle et la faiblesse des systèmes de soutien ne sont pas des accidents. Ce sont des choix, et ils peuvent être modifiés.

Prévenir les risques psychosociaux

La prévention exige un temps de travail équitable, des exigences réalistes, des lieux de travail sûrs et respectueux, ainsi que des pratiques commerciales responsables tout au long des chaînes d'approvisionnement.

La lutte contre les risques psychosociaux nécessite une action collective. Le gouvernement doit renforcer la politique et l'application des lois. Les employeurs doivent assumer leur responsabilité quant à l'organisation du travail.

Les travailleurs doivent pouvoir s'exprimer et être entendus. Le dialogue social est essentiel.

Les Philippines ont pris des engagements importants. Mais dans l'économie mondiale d'aujourd'hui, les engagements seuls ne suffisent pas.

Les conditions de travail sont de plus en plus liées au commerce, à l'investissement et aux chaînes d'approvisionnement.

Les partenaires internationaux y prêtent une attention accrue — non seulement aux lois sur le papier, mais à la façon dont le travail est vécu dans la pratique. Les risques psychosociaux, le travail forcé et le travail des enfants font désormais partie de cet examen.

Le travail ne doit pas se faire au détriment de la dignité. Y veiller n'est pas seulement une obligation sociale ; c'est essentiel pour renforcer les performances du marché du travail, maintenir la confiance des investisseurs et préserver la crédibilité des Philippines dans une économie mondiale de plus en plus axée sur les normes. – Rappler.com

Khalid Hassan est le directeur du bureau national de l'Organisation internationale du Travail pour les Philippines.

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